RFI
Les intellectuels engagés en Côte d'Ivoire
le 25 janvier 2011

La crise post-électorale en Côte d'Ivoire suscite de nombreuses prises de position chez les intellectuels. C'est ce que montre Christophe Champin, journaliste à RFI dans son article «La crise ivoirienne divise les intellectuels». Entre critique de la Communauté Internationale et défense de la démocratie, le débat est animé.

Pro-Ouattara et Pro-Gbagbo

D'un côté, il y a Wole Soyinka, prix Nobel de littérature nigérian en 1986, l'un des premiers à s'exprimer pour demander à Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir. Il a été rejoint par le journaliste et écrivain ivoirien Venance Konan.

Une trentaine d'autres ont fait circuler une pétition sur Internet pour soutenir Alassane Ouattara [PDF].

«Combien de morts faut-il à une élection présidentielle pour qu’enfin le vainqueur [Alassane Ouattara, ndlr] puisse se mettre au travail et redonner confiance aux populations et espoir à la Jeunesse?»

Parmi les signataires, on trouve des Ivoiriens: le journaliste Abdoulaye Sangaré, l’écrivaine Tanela Boni; des Sénégalais comme l'ancienne ministre de la culture Penda Mbow, l'historien Ibrahima Thioub, le politologue Mamadou Diouf; mais aussi le philosophe béninois Paul Hountoundji, le Français André Gichaoua —universitaire spécialiste du Rwanda—, ou l’anthropologue français Jean-Pierre Dozon.

A l'opposé, l'écrivaine camerounaise Calixthe Beyala écrit dans Jeune Afrique:

«Je ne crois pas que M. Alassane Ouattara soit le président élu de la Côte d’Ivoire car, pour cela, il eut fallu que sa victoire fut reconnue par le Conseil constitutionnel de son pays»

Critique de la Communauté Internationale

Certains intellectuels se mobilisent, mais sans prendre position ni pour Gbagbo ni pour Ouattara. Ils sont surtout critiques à l'égard de la Communauté Internationale.

La trentaine de signataires de l'«Appel d’intellectuels contre une intervention militaire en Côte d’Ivoire», paru dans le journal français l'Humanité, s'interroge:

«L’horreur du Rwanda devrait-elle recommencer sous nos yeux par l’irresponsabilité illimitée des marchands de canon et des impérialismes d’un autre âge?»

Christophe Champin cite l’ancien secrétaire général d’Amnesty International, Pierre Sané, dénonçant «l’empressement» de l’ONU à reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara, comme les pressions internationales. «Même si, in fine, Alassane Ouattara venait à exercer le pouvoir, il le ferait contre la moitié du pays et sur un pays dévasté», affirme-t-il dans une lettre ouverte.

Il cite également l'écrivain guinéen Tierno Monemembo, prix Renaudot 2008, qui va plus loin en accusant les Nations Unies de recoloniser l’Afrique, dans Le Monde:

«L’ONU n’a pas à décider qui est élu et qui ne l’est pas à la tête d’un pays (…). Le faisant, elle outrepasse ses droits, ce qui lui arrive de plus en plus. Au point que derrière le langage feutré des diplomates, on distingue des bruits de bottes coloniales.»

A ceux qui dénoncent cette «Françafrique», Venance Konan répond:

«C’est vrai que Paris est loin et qu’ils n’entendent pas les crépitements des mitraillettes, les cris des personnes que l’on enlève, que l’on torture, les bruits des casseroles sur lesquelles les femmes tapent dans tous les quartiers où l’on ne dort plus, pour signaler l’arrivée des tueurs, dérisoires défenses contre le silence des intellectuels africains et panafricanistes de Paris».

The EastAfrican
Le Bon, la Brute et le Truand: le classement des leaders africains
le 25 janvier 2011

Alors que l'Afrique est considérée comme le continent le plus prometteur en matière économique, elle doit encore régler un de ses plus gros problème: le leadership politique. C'est le constat de The EastAfrican dans un article intitulé «The African President Index: the good, the bad and the ugly» [PDF].

Pour mettre en lumière la manière dont chacun des 52 chefs d'Etat africains conçoit son office, cet hebdomadaire réalisé à Nairobi a établi un classement en se fondant sur plusieurs critères donnés par des associations:

- le prix de la fondation Mo Ibrahim, qui offre chaque année une récompense de 5 millions de dollar au leader africain qui promeut la démocratie;

- la liberté de la presse;

- le niveau de corruption, établi par l'ONG Transparency International;

- l'indice de développement humain.

The EastAfrican a également développé son propre indice, le Nation Media Group (NMG) qui note la politique de chaque leader de A à F.

Sans surprise, le premier de la classe est Navin Ramgoolam avec A+. Il est le Premier ministre de Maurice depuis 2005, et leader du Parti Travailliste mauricien. Depuis 2007, que le prix Mo Ibrahim existe, Maurice a toujours été en tête de liste. C'est l'un des seuls pays dit «développé» en Afrique.

Le bonnet d'âne revient au président de l'Erythrée, Issaias Afeworki. Il est le premier président de la plus jeune république d'Afrique, devenue indépendante de l'Ethiopie en 1993. Il est désigné comme un «prédateur» par Reporters Sans Frontières, qui classe également le pays à la dernière position (175e) en matière de liberté de la presse:

«Les libertés fondamentales ont été officiellement "suspendues" en 2001, après la décision de dissidents du parti de faire pression pour plus de démocratie. Tout signe de l'opposition est considérée comme une menace pour la "sécurité nationale".»

Entre ces deux extrémités on trouve, en haut du tableau:

  1. Pedro Pires, président de la République du Cap Vert depuis 2001. Les Nations Unies ont salué les efforts faits en 2010 dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la lutte contre la pauvreté.

  2. Seretsa Ian Khama, président du Bostwana depuis 2008.

  3. John Evans Mills, président du Ghana depuis 2009.

La seule femme à la tête d'un Etat en Afrique, Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria depuis 2006, est classée à la 11e place. Le rapport indique qu'elle fait également partie des dix femmes les plus influentes du monde, selon Time Magazine.

Enfin dans la catégorie intitulée «morgue», tout en bas du tableau:

  1. Robert Mugabe, président du Zimbabwe, au pouvoir depuis 1987. Le pays détient le pire score en matière de développement humain.

  2. Sheikh Sharif Ahmed, de Somalie depuis janvier 2009. La Somalie est, avec l'Afghanistan, le pays le plus pauvre et le plus dangereux du monde selon les Nations Unies.

  3. Idriss Deby Itno, président du Tchad depuis 1990.

  4. Teodoro Obiang, président de Guinée Equatoriale depuis 1979, et qui détient le record de longévité à la tête d'un Etat —avec Robert Mugabe, président du Zimbabwe.

  5. Omar el-Béchir, président du Soudan depuis 1993. Il est sous le coup de deux mandats d'arrêt de la Cour Pénale International pour génocide et crimes contre l'humanité concernant les conflits dans la région du Darfour.

JoBurg
AFRIQUE DU SUD - Des appels téléphoniques illimités grâce aux feux tricolores
le 25 janvier 2011

Sur le site officiel de la ville de Johannesburg, en Afrique du Sud, une note nous apprend que la ville devra débourser huit millions de rand (environ 850.000 mille euros) pour remplacer les composants de plus de 400 feux tricolores détériorés en seulement 3 mois.

Ces feux high-tech utilisent des cartes SIM, des modems et un système GPS pour recevoir des informations. Cela n'a pas échappé aux voleurs; ils les ont déboîtés et, grâce à ces composants, ont pu passer des appels illimités.

Et c'est l'Agence des Transports de Johannesburg (JRA) qui doit maintenant payer cette facture téléphonique. Thulani Makhubela, son porte-parole, fait savoir qu'il s'agit là d'un énorme préjudice:

«Nous allons devoir débourser une somme considérable pour quelque chose que nous ne devrions pas payer. Nous ne savons pas qui sont les auteurs de ces vols mais nous comptons bien les retrouver.»

La JRA a bloqué toutes les cartes SIM et collabore avec la police municipale pour remonter la piste des voleurs.

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