culture
Imany, un grain mélancolique
par Agnès Ratsimiala,
le 27 février 2011

Face à la révolution, Tintin soutient les Émirs

Surtitre: 
BANDE DESSINEE ET MONDE ARABEE
Sous-titre: 
En cas de soulèvement au Khemed, le reporter serait du côté du pouvoir.
Date: 
Fri, 2011-02-25 (All day)
lien url: 
http://blog.slate.fr/des-bulles-carrees/2011/02/25/tintin-soutient-les-emirs/
io9
La place Tahrir, ingrédient secret d’une bonne révolution?
le 25 février 2011

La place Tahrir du Caire (Egypte) serait parfaite pour les révolutions —et pas seulement parce qu'en arabe, tahrir signifie libération. C’est du moins la thèse développée par Nezar Al-Sayyad, professeur d’architecture, d’urbanisme, d’histoire urbaine et président du Centre pour le Moyen-Orient à l’université de Berkeley (Californie).

Ce natif du Caire est l'auteur d'un ouvrage intitulé Cairo: Histories of a City (Le Caire: histoires d'une ville), édité par l’université d’Harvard.  

Au cours d’une interview livrée à dwell, magazine américain d'architecture et de design, il revient sur l’histoire de la place et de ses «spécificités» urbaines et architecturales.

D’abord, inqdique-t-il, «les 23 rues de la place qui vont dans toutes les directions» ont contribué au succès des manifestations, car l’absence «d’un grand boulevard pouvant être bloqué par les forces de police» a facilité l’éparpillement de la foule.

De même pour le centre-ville, qui n’est pas très grand et «dont une rue conduit de part et d’autre de la place Tahrir».

La configuration des lieux ne date pas d’hier; elle est intacte depuis 140 ans, depuis le règne de «l’impitoyable Ismail». Le professeur explique qu’après un séjour à Paris, le dirigeant « a vu les changements intervenus sous Napoléon III avec Haussmann, et a voulu refaire Le Caire à l’image de Paris».

Néanmoins, la place Tahrir n’en pas vraiment une place au sens strict du terme:

«Tout un côté n’est pas droit puisqu’il bordé par le Nil. Et la place n’est pas entourée de toutes parts par les immeubles, mais juste d’un côté». D’après lui, c’est surtout «un espace mal défini constitué de 5 ou 6 espaces adjacents, mais en réalité personne n’y prend garde.» 

Le professeur explique également qu’il existe d’autres places baptisées Tahrir à travers le monde. Par exemple à Tripoli, la capitale libyenne, à Damas, capitale de la Syrie, et à Sanaa, capitale du Yémen.

Les manifestations actuelles à Sanaa se font sur le modèle égyptien, sur leur place Tahrir. Pour tirer les bonnes leçons des évènements en Egypte et contenir les manifestations, «le régime yéménite envoie ses partisans sur la place, non pour chasser directement les manifestants mais pour s’installer, planter des tentes, et ainsi les inciter à aller ailleurs», conclut Nezar Al-Sayyad.

Reste à voir si le résultat des manifestations égyptiennes de la place Tahrir, comme son nom, s’exportera.

Lu sur io9, dwell

actualités
Les exceptions marocaine et algérienne
par Chawki Amari,
le 25 février 2011
culture
Oumar Ly, l'âme du fleuve Sénégal
par Adrien Hart,
le 27 février 2011
culture
Contre-courants subsahariens
par Damien Glez,
le 25 février 2011
Huffington Post
La traite négrière (mal) expliquée aux enfants
le 24 février 2011

La diffusion d’un film sur la traite négrière dans une classe d’enfants de neuf ans a créé la polémique aux Etat-Unis.

Deux institutrices de Winnetka, une ville de la banlieue de Chicago, ont cru bien faire en projetant Le Passage du milieu, du réalisateur français Guy Deslauriers, rapporte le site américain Huffington Post. Mais cela n’a pas plu aux parents d’élèves, qui ont dès le lendemain alerté la direction de l’école.

C’est que le film ne prend pas de pincettes: il montre la violente réalité des Africains embarqués dans une traversée de l’Atlantique à haut risque, surnommé «le passage du milieu». Un voyage sans retour que des millions d’Africains ont subi dès le XVIe siècle, jusqu'à la fin du XIXe. De l’autre côté de l’océan, en Amérique, l'esclavage les attendait.

Pour prendre la mesure de la violence du film, voici la description qu’en donnait le site Afrik.com en 2011, deux ans après sa sortie:

«L’embarquement. Les fers. Les cales. Les rats. Le vomi. La fièvre. La bouillie. Les blessures. Les asticots. La révolte. Les coups de feu. Les blessures. Et le ballet quotidien des corps que les négriers envoient par le fond: une vingtaine en moyenne, par nuit. Les suicidés d’abord. Les malheureux emportés par la maladie ensuite. Enfin, les agonisants, les épuisés et même, les bien portants lorsque le vent faiblit et que la disette s’empare du navire.»

Voici un extrait (tous publics) du film:

Un journal local, WinnetkaTalk, relaie le mécontentement des parents. L’un d’eux, Patrick Livney, dont la fille a assisté à la projection, s’indigne:

«Les concepts d’enlèvement, de suicide et de dépression on été introduits dans la tête de ma fille.»

 Le site américain The Root (sur la culture afro-américaine) se range du côté des parents en expliquant qu’«il y a de multiples façons d’exprimer l’horreur de l’esclavage efficacement auprès des classes élémentaires, mais sans que cela ne provoque de cauchemars».

Ce n’est pas l’enseignement de l’histoire de l’esclavagisme qui est remis en cause, mais la manière dont il s’effectue. Pour que ce genre de situation ne se reproduise plus, la direction de cette école américaine a décidé que la diffusion de n'importe quel film en classe devait désormais obtenir l’approbation préalable du corps enseignant.

L’enseignement de l’histoire de la traite négrière semble être un sujet difficile, car sensible. L’année dernière par exemple, l’Unesco lançait une consultation internationale sur la manière la plus appropriée d’en parler aux enfants.

Lu sur Huffington Post

sport
Quand la guerre du foot annonçait la révolution
par Arslan Lehmici ,
le 2 février 2012

Arslan Lehmici

Arslan Lehmici. Journaliste algérien, spécialiste du Maghreb.

Le Courrier de Madagascar
Madagascar - Rajoelina, orphelin de Kadhafi
le 24 février 2011

Andry Rajoelina, président de la Haute autorité de transition (HAT), ne risque-t-il pas de perdre son seul allié si Mouammar Kadhafi est déchu en Libye?

Un billet paru dans le quotidien Le Courrier de Madagascar rappelle que le colonel libyen a été «le protecteur» du jeune dirigeant dès le début de la transition. Du moins, c’est ainsi qu’il a été considéré par les Malgaches.

Il est l’un des seuls dirigeants à avoir rencontré Andry Rajoelina après sa prise de pouvoir, et ce malgré la condamnation du régime malgache par la communauté internationale. La HAT est aujourd'hui toujours considérée comme illégale; elle a été installée à la suite d’une insurrection populaire contre le président élu Marc Ravalomanana et grâce à l’aide de l’armée en mars 2009.

A l'époque, inquiet de ce manque de reconnaissance, Andry Rajoelina cherche des appuis extérieurs. La Libye, alors à la tête de la présidence de l’Union Africaine (UA), est chargée de statuer sur les positions à adopter face au président malgache non-élu.

Mouammar Kadhafi se serait montré conciliant, et son attitude vis-à-vis de la crise malgache avait été saluée par les pro-Rajoelina. Le site madagate.com, écrivait:

«Il s'est identifié instinctivement aux malheurs dont est frappé le peuple malgache, confronté aux appétits gargantuesques de la communauté internationale qui n’a pas hésité un seul instant à mettre au piquet notre pays, le soi-disant mauvais élève malgache, et n’a pu que reconnaître le bien-fondé de la démarche du président de la HAT, Andry Rajoelina.»

Pour d’autres, la position de Mouammar Kadhafi vis-à-vis d'Andry Rajoelina a été mal interprétée. Le site Madamatin évoque des câbles WikiLeaks révelant que le colonel libyen n’a jamais eu l’intention de soutenir la cause de la transition auprès des autres pays membres de l’Union africaine. En tout cas pas plus que ce que la presse malgache affirmait. Il était simplement partisan de la «médiation» africaine.

Si le soutien de Kadhafi à Rajoelina n’est peut-être pas aussi important que ce qui a été dit, en revanche le président libyen est toujours un interlocuteur privilégié de son homologue malgache, persona non grata auprès des institutions internationales.

Ce serait donc la raison du silence des dirigeants malgaches à propos de la situation actuelle en Libye, avance Le Courrier.

Lu sur Courrier de Madagascar