Youphil
L'arbre à palabres, concept africain à succès
le 1 mars 2011

Les pratiques socioculturelles des pays du Sud s’exportent de mieux en mieux. En France, nombreuses sont les habitudes plus ou moins anciennes inspirées par des traditions africaines.

Prenons l'exemple de l'arbre à palabres. Ce concept relativement nouveau en France est une pratique ancestrale du continent noir, utilisée notamment pour débattre et régler des conflits au sein d'une communauté.

Sur le site Abaobab, on peut lire que «la palabre est une coutume de rencontre et de création ou de maintien de lien social. Cela permet également de régler un contentieux sans que les protagonistes ne soient lésés. En Afrique, on se réunit au pied de l’arbre à palabre, généralement le baobab, pour discuter des décisions importantes à prendre pour l’avenir d’une communauté». 

A Saint-Georges sur Loire, des enseignants du collège Jean Racine ont bien compris l'utilité de l'arbre à palabres. Le quotidien Ouest France explique comment ils se sont inspirés de ce principe pour aider les élèves à passer le cap de l’entrée en classe de sixième, en réunissant les élèves sous un arbre et en organisant des activités créatives.

C’est une «passerelle ludique entre deux mondes»; «les enseignants écrivent sous l’arbre à palabres un conte mais aussi un spectacle» que les enfants, toutes classes confondues, devront représenter «devant un parterre de parents conquis».

En France, en novembre 2009, à l'occasion de la Fête de la Science le Centre national d'étude spatiale (Cnes) avait lancé l'initiative de l'«arbre à palabres spatiales».

Il s'agissait d'un outil multimédia interactif servant à débattre et réfléchir en groupe sur l'avenir de l'homme. Chacun pouvait déposer dans l'arbre une question sur le support multimédia de son choix, ou apporter une réponse à une question déjà posée.

Damien Rwegera, anthropoplogue, affirme au site Youphil:

«En Afrique, le sablier n'existe pas. Nous prenons le temps de discuter [...] Les gens ont besoin aujourd'hui qu'on prenne plus le temps. Dans le secteur hospitalier, par exemple, ils veulent être traités avec plus d'humanité, qu'un tiers les acompagne. Il faut une médiation à l'africaine».

Le site met également en avant d'autres «pratiques sociales venues des pays du Sud (qui) séduisent l’Hexagone»; une tendance qui va à l’encontre des idées préconçues des échanges nord/sud souvent cantonnés à des aides économiques et humanitaires.

Nelson Mandela, l'ex-président d'Afrique du Sud, voyait lui-même dans la palabre africaine une «institution démocratique à part entière». Dans son autobiographie, il met en avant le rôle déterminant des assemblées dans la vie politique, affirmant que «tous ceux qui voulaient parler le faisaient. C’était la démocratie sous sa forme la plus pure».

Lu sur Youphil, Ouest France

société
L'autre visage de la justice
par Bineta Diagne,
le 1 mars 2011
actualités
Museveni, lendemain de fête difficile
par Mathieu Galtier,
le 1 mars 2011
actualités
Oui, la révolution peut franchir le Sahara
par Adrien Hart,
le 1 mars 2011
APS, Le Jour
Issa Hayatou a «envie d'arrêter» le football africain
le 28 février 2011

Président de la Confédération africaine de football (CAF) depuis 1988, Issa Hayatou a déclaré vouloir mettre un terme à  son mandat lors d’un entretien à RFI le 27 février 2011. Des propos recueillis à la suite de la finale du Championnat d’Afrique des nations (CHAN) 2011, qui opposait la Tunisie à l’Angola (3-0) à Khartoum, au Soudan.

Vraisemblablement, ses responsabilités au sein de la Fédération internationale de football association (FIFA) et du Comité international olympique ne sont pas être étrangères à une telle déclaration.

«J’ai 37 ans de carrière dans le foot, c’est beaucoup. En plus, je suis à la FIFA, au CIO, c’est très contraignant, on est tout le temps dans l’avion, on est tout le temps stressé».

L’Agence de presse sénégalaise (APS) rapporte «qu’il a vraiment envie de dire stop mais ne sait pas encore comment les Africains vont prendre cette décision». Pour le moment, son mandat à la présidence de la CAF va jusqu’en 2013.

A 65 ans, Issa Hayatou ne semble plus considérer ses responsabilités à la tête du foot africain avec la même passion. «Il est temps de raccrocher et de partir. C’est très difficile de se lever chaque matin et de devoir s’occuper du football africain», a-t-il déclaré.

Sa fonction n’est pas de tout repos, et des problèmes se posent déjà quant au déroulement de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) juniors 2011, étant donné qu’elle devait avoir lieu en Libye.

Le président de la CAF a déclaré le 26 février que la compétition, prévue du 18 mars au 1er avril 2011, sera reportée.

«Le pays de Kadhafi est en proie à une forte crise sociopolitique. Les villes de Tripoli et Benghazi où devaient se disputer les matchs de groupes sont dans l’insécurité. Pour ces raisons et à trois semaines du début de la compétition, la CAF a choisi de reporter cette CAN junior de football en changeant de lieu», rapporte le quotidien camerounais Le Jour.

La lassitude affichée du dirigeant de la CAF intervient peu de temps après sa mise en cause dans une affaire douteuse. En décembre 2010, son nom avait été cité dans des affaires de corruption. Vice-président de la Fifa, il aurait perçu des sommes importantes de la part de sponsors en échange de certaines faveurs pour les Coupes du monde à venir. C’est du moins ce qui est ressorti de l’enquête du programme Panorama de la chaîne britannique BBC.

«Trois hauts fonctionnaires de la Fifa qui voteront pour (choisir le pays qui accueillera les) Coupes du monde 2018 et 2022 ont touché des pot-de-vin dans les années 90 […] Nicolas Leoz, Issa Hayatou et Ricardo Teixeira ont perçu de l’argent par une agence évènementielle sportive, elle-même récompensée par des droits (de diffusion télévisuelle, entre autre) sur la Coupe du monde. Les pots-de-vin présumés se retrouvent sur un document confidentiel listant 175 paiements d’un total de 100 millions de dollars» (72 millions d’euros).

Jusqu’alors, Issa Hayatou a toujours nié son implication dans l’affaire, et assuré que les sommes perçues étaient destinées à la CAF.

Lu sur APS, Le Jour, BBC News

actualités
Lettre pour un père embastillé
par Sonia Terhzaz,
le 28 février 2011

Sonia Terhzaz

Sonia Terhzaz

The New York Times
L'hymne israélien de la révolution libyenne cartonne
le 28 février 2011

Zenga Zenga Song est bien partie pour être LA chanson de la révolution libyenne, si l'on en croit le site du New York Times. Il s’agit d’une vidéo musicale parodique, qui remixe le discours télévisé de Mouammar Kadhafi du mardi 22 février. Elle cartonne sur Internet, avec déjà plus d’un million de visiteurs lundi 28 février, cinq jours à peine après sa publication sur YouTube.

Dans son allocution télévisée, le chef d’Etat menaçait les Libyens d’une répression sanglante si les manifestations continuaient. Sans même comprendre l’arabe, n’importe qui peut distinguer le mot «zanqa» repris plusieurs fois par le «Guide» libyen. Le colonel assurait en effet qu'il allait traquer les manifestants «de maison en maison, et de ruelle en ruelle». D’où la Zenga Zenga Song, en écho à ce mot qui signifie «ruelle», analyse The New York Times.

La vidéo est l'oeuvre d'un Israélien, Noy Alooshe, journaliste et musicien vivant à Tel Aviv, la capitale d’Israël.

Il a superposé aux beats électro de Hey Baby (une chanson du rappeur américain Pitbull) le discours de Kadhafi, puis il a ajouté des femmes dénudées dansant autour de lui. (Il a également réalisé une version sans danseuses, au cas où cela choquerait.)

Contacté par le New York Times, Noy Alooshe explique qu’au départ, il ne voulait pas dévoiler son identité. Puis voyant toutes les réactions positives, il a fini par tomber le masque, puis révéler sa nationalité.

Un opposant libyen l’aurait même encouragé en lui disant que si le régime de Mouammar Kadhafi tombait, ils danseraient tous sur la Zenga Zenga Song. Noy Alooshe est enthousiaste:

«C’est excitant en tant qu’Israélien de faire un tabac dans le monde arabe.»

Dans cette perspective, le Jerusalem Post relate l’implication des juifs de Libye. Quand Mouammar Kadhafi est arrivé au pouvoir en 1969, ils n’étaient qu’une centaine.

Le Guide aurait alors ordonné que tous leurs biens soient saisis et qu’ils ne soient pas autorisés à quitter la Libye. Selon l’article, il n’y aurait plus aucun juif en Libye depuis 2002. La vidéo d'Alooshe prouve qu’ils ne sont pas pour autant indifférents au sort de leurs voisins arabes.

Lu sur le New York Times

actualités
Que sont mes idoles devenues?
par Venance Konan,
le 1 mars 2011
Science Daily
Afrique du Sud - La plus vieille eau du monde n'est pas potable
le 28 février 2011

Il ne faut pas les boire; l’une est la plus vieille du monde, l’autre est toxique: les eaux du bassin minier de Witwatersrand en Afrique du Sud n’en finissent pas de susciter la curiosité et l’inquiétude.

Découvert au XIXe siècle, le site environne Johannesburg, la capitale économique du pays. Il reste inscrit dans l’Histoire comme un des lieux phares de la ruée vers l’or. En abandonnant les mines dans les années 1970, les industriels ont légué un site naturel plein de bonnes —mais aussi de mauvaises— surprises.

La bonne nouvelle c’est que, comme le rapporte le site américain Science Daily, la plus vieille eau du monde y a été découverte récemment dans une crevasse de trois kilomètres de profondeur.

C’est en décelant la présence d’un gaz rare dans l’eau, le néon, que des scientifiques de l’Université de Toronto (Canada) ont pu déterminer la datation. Barbara Sherwood Lollard a dirigé l’étude. Elle explique au Science Daily:

«Nous savons que cette composition chimique particulière (l’isotope du néon) a été créée et préservée dans la roche il y a au moins deux milliards d’année. Nous pouvons encore en trouver ici aujourd’hui.

L’étude a mis en évidence la présence de néon à l’extérieur de la roche minérale, peu à peu dissout et accumulé dans les eaux des crevasses. Ceci n’arrive que dans les eaux qui n’ont pas de contact avec la surface depuis de longue période.»

En conséquence de quoi, ces scientifiques datent l’eau de cette crevasse à des milliers, voire des millions d’années.

La mauvaise nouvelle c’est que ces eaux du Witwatersrand, très salées, radioactives et composées de métaux nocifs pour la santé, menacent de pollution les nappes d'eau potable qui approvisionnent la région.

Les eaux des puits ont été polluées à cause de l’activité d’extraction d’or et d’uranium. Selon un rapport du ministère des Eaux relayé par le site britannique BBC News, ces eaux acides pourraient se répandre dans les nappes phréatiques d’ici 2012.

Or, Johannesburg est la ville la plus peuplée du pays. Si les eaux souterraines qui l’approvisionnent étaient contaminées, les conséquences seraient graves. Selon le rapport, l’agriculture en pâtirait durement aussi.

Une opération de grande envergure pour drainer les bassins a été lancée, non sans susciter la polémique. En effet, selon le journal sud-africain Times Live, 225 millions de rand (environ 234 millions d’euros) ont été alloués par le gouvernement pour endiguer et pomper les eaux toxiques —malgré le mécontentement de certains de voir l'argent des contribuables financer des dégâts causés par des compagnies industrielles privées.

Lu sur Science Daily, BBC News