société
Dakar, la bataille de l’électricité
par Ndèye Khady Lo,
le 2 février 2011
culture
«Kannywood» face à la charia
par Sonia Rolley,
le 1 février 2011
actualités
Pourquoi j’ai quitté mon pays
par Venance Konan,
le 1 février 2011
Maghreb Emergent
Une nuit d'insomnie au Caire
le 31 janvier 2011

Yassin Temlani, un célèbre journaliste algérien, est parti en reportage toute une nuit avec le comité de vigilance de Madina Al Mabouthine, une cité en périphérie du Caire. Il raconte pour Maghreb Emergent l’anarchie qui règne dans les rues depuis que les manifestations ont commencé en Egypte le 25 janvier. Comment les gens bravent le couvre-feu —entre 16h et 8h du matin— maintenus en éveil par la peur des pilleurs et l'incertitude du lendemain.

Des professeurs d’université sont contraints de se transformer en police de proximité pour protéger leur foyer. Des solidarités se nouent dans la population pour faire face aux pilleurs. Même le vrombissement des motos suscite l'inquiétude. Les cités populaires voisines d’Al Mabouthine sont en proie à des jeunes voleurs qui saccagent l’école du quartier.

Les moyens de défenses sont précaires: cocktails Molotov improvisés avec des canettes de Pepsi, gourdins, ou sabres. Tout le monde reste accroché à son portable pour se tenir au courant des dernières nouvelles venues de la capitale.

Cette surveillance nocturne est entrecoupée de débats animés sur le régime d’Hosni Moubarak, sur l’avenir de l'Egypte, ou sur le rôle de l’armée dans les manifestations :

«Il exagère, quel bloc de glace! C’est comme s’il n’était pas au courant de ce qui se passe.»

«Comment l’Egypte a-t-elle pu en arriver là?»

«Pourquoi les gens qui manifestent ne rentrent pas chez eux pour laisser l’armée faire son travail? Ils pourraient bien réoccuper la rue dans la journée!»

Le jour se lève, et les manifestations continuent.

Lu sur Maghreb Emergent

Gawker
Des hooligans en tête des manifestations égyptiennes
le 31 janvier 2011

Interrogé par Al Jazeera, Alaa Abd El Fattah, un blogueur égyptien réfugié à Johannesburg, apporte un éclairage particulier sur les manifestations contre Hosni Moubarak. Il observe notamment que la foule qui occupe les rues du Caire depuis lundi 24 janvier n'est pas composée uniquement de mouvements d'opposition au régime, mais aussi d'«ultras» —membres d'associations de fans de clubs de football.

Parmi les manifestants qui ne respectent pas le couvre-feu ou qui se sont opposés aux forces de l'ordre, une frange appartient à ces supporters de foot habitués des affrontements avec la police. Au sujet de ce groupe de population ignoré par les médias, Abd El Fattah déclare, non sans humour:

«Sur le terrain les ultras ont joué une rôle beaucoup plus important que n'importe quel groupe politique pour le moment. Peut-être même qu'on devrait leur proposer un poste au gouvernement.»

Les fans de l'équipe locale de Al Ahly sont plus particulièrement concernés. Historiquement, le club du Caire a été fondé en 1907 d'abord pour permettre aux leaders des syndicats d'étudiants égyptiens de se réunir et lutter contre l'occupation britannique. Dans le combat contre la colonisation, Al Ahly servait de lieu rencontre et d'épicentre aux opposants. Le club à la fois modeste et populaire a alimenté sa légende au fil des matchs contre les rivaux du Zamalek.

Les «Diables rouges», le surnom du club d'Al Ahly, peuvent encore compter aujourd'hui sur leur star (vieillissante) Mohamed Aboutrika. Cette équipe joue ses matchs dans le Stade International du Caire, parfois devant plus de 70.000 spectateurs.

Selon James M. Dorsey, expert du foot au Moyen-Orient, les supporters de Al Ahly sont réputés pour être plutôt des durs. Il explique que le mouvement ultra établit en 2007 s'est construit sur le modèle des supporters autonomes italiens. Ils ont prouvé leur efficacité lors d'affrontement avec la police égyptienne qui continue d'accuser ces groupes de cacher dans leurs rangs des criminels et des terroristes.

Dorsey évoque leurs comportements:

«Ils n'hésitent pas à forcer les barrages policiers les jours de match. Ce qui les rend certainement plus qualifié que la moyenne lors des combats de rue évoqués ces derniers jours dans les rues des villes égyptiennes. Les fans de foot constituent un pilier bien organisé dans la base de cette coalition.»

Le groupe des ultras de Al Ahly ont déclaré l'année dernière qu'ils n'étaient pas un mouvement politisé, mais que les membres pouvaient avoir leur propre opinion. «Nous faisons ce que nous avons à faire quand nous jugeons les lois et les régulations injustes. Mais vous ne changez rien en Egypte en parlant de politique.»

Pourtant, l'implication des organisation de fans de football dans les mouvements anti-gouvernementaux est une des hantises de certains régimes. Le stade offre généralement un espace de liberté —plutôt rare dans la région— capable de se faire le relais de toutes sortes de revendications.

Alors que les protestations anti-gouvernementales et le couvre-feu ont reporté les rencontres de championnat égyptien initialement prévues le week-end du 29 janvier, les membres des groupes ultras ont pu revoir leur priorité, dirigeant leurs actions contre Moubarak et non plus contre le club adverse.

Lu sur Gawker

David Doucet

David Doucet est journaliste à Slate.fr et blogueur sur Reversus.

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Comment contourner la censure en Egypte ?
par David Doucet,
le 28 janvier 2011
actualités
CampusFrance ou le calvaire de l’étudiant guinéen !
par Slate Afrique,
le 31 janvier 2011
Afrik.com
MALAWI - Interdiction de péter
le 31 janvier 2011

«Parfois, les vents en public sont une atteinte à la paix sociale» s’insurge un citoyen malawite sur le site panafricain Afrik.com.

Subir les odeurs d’un inconnu est une expérience désagréable, et universelle. Pour le Malawai, aux grand maux, les grands remèdes.

L’administration du président Bingu Wa Matharika propose de criminaliser cet acte naturel, pour faire des indélicats «des citoyens responsables et disciplinés». Entre grosse farce et mesure nécessaire pour imposer la politesse, ce projet de loi est diversement reçu. Un député malawite s'est exprimé sur le sujet:

 «Dans l’ascenseur, un monsieur qui n’a même pas ouvert les yeux pour dire "salut", a par contre lâché une "bombe". Elle était si âcre qu’elle nous a laissés à bout de souffle! Je crois que cette loi permettra de réduire ces attentats publics.»

De l’autre côté, John Tembo, un opposant du régime, accueille froidement l’initiative gouvernementale. Interrogé par Afrik.com, il a déclaré:

«L’établissement d’une justice de pacotille n’est pas idéal dans une démocratie (...) Le peuple de ce pays ne peut équitablement apprécier l’intégrité de cette proposition.»

Cette mesure s’intègre dans un ensemble de «propositions de lois citoyennes». Elle prend rang avec l’interdiction de porter atteinte à des assemblées religieuses, à des sépultures, à la pudeur des femmes, de porter une arme ou de se battre en public.

Lu sur Afrik.com

actualités
Gbagbo joue à quitte ou double
par Sonia Rolley,
le 31 janvier 2011