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RDC: un an après le meurtre de deux experts de l'ONU, sécurité précaire au Kasaï
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le 12 mars 2018

Un an après le meurtre de deux experts de l'ONU, la sécurité reste précaire au Kasaï dans le centre de la République démocratique du Congo, où les militaires ont tué lundi deux personnes en traquant un milicien selon des sources locales.

Le 12 mars 2017, la Suédo-Chilienne Zaida Catalan et l'Américain Michael Sharp ont été tués au cours de leur enquête sur des fosses communes dans cette région en proie à des troubles depuis septembre 2016.

Un an après, les audiences du procès de leurs assassins présumés devant un tribunal militaire sont suspendues depuis le 22 octobre, à la grande surprise des avocats.

Les autorités congolaises affirment que les deux experts ont été tués par des "terroristes" du mouvement Kamuina Nsapu, entré en rébellion après la mort de leur chef traditionnel dans un assaut de l'armée en août 2016.

Une enquête de Radio France Internationale (RFI) et de l'agence Reuters avait évoqué le 20 décembre une implication de trois agents de l'Etat "dans l'organisation de la mission qui a coûté la vie aux deux experts".

Un an après, les combats entre forces de sécurité et miliciens, qui ont fait plus de 3.000 morts d'après l'église catholique et plus d'un million de déplacés, ont cessé mais la sécurité reste précaire.

Deux personnes ont ainsi été tuées lundi à 65 km de Kananga par des militaires traquant un chef Kamuina Nsapu du nom de Nsabanga, ont rapporté des sources de la société civile locale.

"Les forces de l'ordre étaient à la recherche du chef milicien Nsabanga. Quand il a vu les militaires, il a pris fuite et a abandonné trois armes dont deux calibres 12 de fabrication locale et une arme automatique. Les deux personnes ont reçu des balles perdues et malheureusement sont mortes", a confirmé un responsable administratif local, Clément Apachakua Mitendi

La société civile signale en outre que les militaires ont incendié près de 30 maisons des personnes soupçonnées d'avoir hébergé le chef milicien Nsabanga.

Depuis début 2018, ce chef de la milice de Kamwina Nsapu ne cesse d'envoyer des messages promettant une attaque contre la ville de Kananga.

Début janvier, quatre militaires en faction à l'aéroport de Kananga avaient été tués dans un raid attribué aux hommes de Nsabanga.

Les abbés de l'archidiocèse de Kananga ont envoyé la semaine dernière aux autorités un memorandum dénonçant "une forte psychose due aux enlèvements des personnes devenus monnaie courante et des arrestations arbitraires".