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Le Cameroun est désormais la deuxième puissance du football africain
par Camille Belsoeur,
le 6 février 2017

C'était une finale entre deux des nations les plus titrées du football africain. Avant le coup d'envoi du match entre le Cameroun et l'Egypte dimanche 5 février, les Lions indomptables comptaient dans leur palmarès quatre Coupe d'Afrique des nations (CAN) à égalité avec le Ghana, contre sept titres pour les Pharaons.

À l'issue d'un sommet tendu, disputé dans la moiteur de la nuit gabonaise à Libreville, le Cameroun, qui a renversé son adversaire grâce à un but d'Aboubakar à deux minutes du coup de sifflet final (2-1), est désormais seul derrière l'Egypte dans l'histoire de la CAN avec cinq trophées. Ce succès s'inscrit aussi comme une revanche, alors que les Lions indomptables avaient perdu leur dernière finale face à la sélection du Caire lors de l'édition 2008. 

L'Egypte, la bête noire vaincue

Cette finale face à l'Egypte s'annonçait pourtant ardue. Les Pharaons n'avaient perdu jusqu'ici qu'une finale sur sept disputées dans le tournoi (face à l'Ethiopie en 1962). Surtout, la sélection du Caire était la bête noire historique du Cameroun. Les joueurs de Yaoundé s'étaient déjà inclinés deux fois contre leurs rivaux en finale de la compétition (en 1986 et 2008). Pire encore, le Cameroun n’avait plus battu l’Egypte en CAN depuis le 4 février 2002 en quart de finale (1-0). Avec leur succès dans la nuit de Libreville, les Lions indomptables mettent ainsi fin à quatre confrontations sans succès dans la compétition (1 nul suivi de 3 défaites).

Les Lions gagnent toujours deux fois

Après une traversée du désert de près d'une décennie, au cours de laquelle ils avaient enchaîné les échecs sportifs et les frasques extra-sportives en Coupe du Monde et les éliminations précoces ou les non-qualifications pour la CAN, les Lions reviennent donc au sommet au prix d'un fort rajeunissement de leur équipe. Exit la vieille garde des Samuel Eto'o, Alexandre Song ou Stéphane Mbia, au profit d'un groupe inexpérimenté, mais solidaire. 

«Symbole d’une équipe qui a réussi à faire sa mue et à tourner le dos à son passé récent peu glorieux, les Lions indomptables sont une bande de jeunes pour lesquels jouer c’est avant tout se faire plaisir. Revendiquant une insouciance qui frise la naïveté et une complicité qui faisait particulièrement défaut aux Camerounais, ils en font désormais leur levain», analyse le site d'information camerounais Ledjely.com.

Les années Aboubakar? 

La dernière victoire camerounaise dans la compétition datait de 2002 qui suivait celle de 2000 et marquait la domination des Lions indomptables sur le continent au tournant du siècle. C'était les années Eto'o. Plus loin dans le passé, il y avait également eu la période Roger Milla, avec deux victoires en finale de la CAN en 1984 et 1988.

Dans ses années fastes, le Cameroun gagne toujours deux fois. La génération Aboubakar, qui est déjà la digne héritière de ses glorieux prédécesseurs, espère donc déjà doubler la mise en 2019... au Cameroun. Une occasion en or pour se rapprocher un petit peu plus de l'Egypte tout en haut du palmarès.