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Affaire DSK: la famille de la victime présumée s'exprime
par Sabine Cessou,
le 18 mai 2011

La jeune femme de 32 ans qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l’avoir agressée sexuellement est entrée pour la première fois en contact direct avec sa famille, le 18 mai. Elle appelle sa sœur aînée, qui réside comme elle à New York, avec un numéro masqué, sur un téléphone que lui aurait fourni la police. Nafissatou Diallo reste sous protection policière et n’a toujours fait aucune apparition publique. Selon ses proches, elle serait toujours sous le choc. La pression s’avère intense, à l’horizon de la première audience de confrontation, prévue pour vendredi 20 mai.

Selon sa famille, beaucoup de fausses informations circulent sur la jeune femme. Nafissatou Diallo est bien musulmane, mais n’est pas voilée et ne porte pas non plus le foulard islamique. Certains blogs la font passer pour une malade du sida et une nécessiteuse, en raison du logement qu’elle occuperait, ce que sa famille dément. Elle est aussi présentée comme veuve, alors que son mari n’est pas mort, selon la famille.

Par ailleurs, la famille affirme qu'elle n’a pas de frère à New York, contrairement à ce qu'ont laissé croire les interviews données par un restaurateur guinéen dénommé Ibrahim Fofana –un nom de famille qui n’est pas même peul, l’ethnie de Nafissatou Diallo– et que la presse a présenté comme son frère.

Si le doute a plané sur son origine et qu’elle a parfois été présentée comme une Ghanéenne, c’est parce qu’elle est passée par le Ghana, un pays d’Afrique de l’Ouest, après avoir quitté la Guinée. Là, elle a acquis des papiers d’identité avant d’émigrer aux Etats-Unis en 1998.

Soutenue par sa communauté, estimée à quelque 4.000 Guinéens émigrés à New York, Nafissatou Diallo est perçue par ses proches comme une victime. «Le scandale renforce un certain ressentiment anti-français dans notre communauté, à cause de la manière dont les médias français parlent de l’affaire», note un cousin de la jeune femme. «En France, il faut toujours se justifier en tant qu’Africain, et l’on n’est jamais cru sur parole, alors qu’aux Etats-Unis, on est pris pour ce qu’on est, ce qu’on dit, les preuves qu’on apporte. L’impression que donnent les médias français, c’est qu’on cherche des excuses à Dominique Strauss-Kahn.»

Selon un sondage publié le 18 mai par le quotidien 20 Minutes, BFMTV et la radio RMC, 57% de Français pensent que le patron du Fonds monétaire international (FMI) est victime d’un complot.

Sabine Cessou

 

Les articles de Slate Afrique:

- Qui est vraiment Nafissatou Diallo?, par Sabine Cessou

- Le jardin des délices de DSK à Marrakech, par Ali Amar

- Affaire DSK: sexe et politique à la sauce gombo, par Pierre Cherruau

- Chronique de Damien Glez: Affaire DSK: le sex...agénaire et la soubrette afro